Jean-Pierre Bergeron : le chasseur devenu inventeur

10 Juin, 2016

RSktrailer-Jean pierre Bergeron

Qui est Jean-Pierre Bergeron de la compagnie Fibro Concept Inc.? Le chasseur passionné à l’origine de la conception de la remorque RSK®-I, un produit officiellement commercialisé depuis février 2016 par Roski Composites, une entreprise manufacturière située au Québec.

« Nous souhaitons vraiment rendre hommage à la vision et au talent d’un chasseur, pêcheur et amant de la nature qui, à la base, cherchait simplement une solution pour sortir facilement son trophée de chasse d’un bois dense ou d’un marécage », souligne Mr. Yves Carbonneau, l’actuel président-directeur général de Roski Composites.

M. Bergeron, quelle était votre motivation pour concevoir une remorque?

Je chassais à l’époque et avec mon 4-roues, j’avais toujours de la difficulté à sortir un animal du bois et des « swomps » réputées de la région d’où je viens. En Abitibi, ce n’est pas un bois éclairci comme en Estrie, mais plutôt des forêts denses. Il n’existait pas de solution à mon problème: il fallait que je me débrouille. Ce n’était pas exceptionnel parce que plusieurs « gars de bois » tentent de développer eux-mêmes leur propre remorque tout-terrain. En effet, c’est comique de voir comment tout le monde considère sa propre remorque comme la meilleure. « Ma remorque est plus forte que la tienne! ». Cette réalité m’a juste forcé à créer une remorque qui serait réellement meilleure que les autres.

Bref, j’ai commencé par fabriquer ma propre remorque. C’était une sorte de sleigh avec un traîneau à neige en métal par-dessus; je pouvais m’en servir l’hiver comme l’été.

Votre premier prototype répondait-il à votre besoin?

Non. Ça a même failli « tuer » mon père. Parce que mon premier prototype était en métal, les côtés trop droits accrochaient partout. Alors, un jour que je me servais de ma remorque, elle a accroché une branche d’arbre qui a fouetté mon père à la tête! Il y avait aussi une autre problématique parce que pour tirer 1000 livres, par exemple, il faut de la traction sur le VTT. J’ai donc modifié la remorque afin que les roues soient placées vers l’arrière et ainsi obtenir un ratio de 50/50 qui procure une traction équivalente à la charge remorquée.

Mais en tentant de modifier la forme de la remorque, je me suis rendu compte que, même si ça glissait sous le traîneau, dès que les branches atteignaient l’essieu, la remorque restait quand même prise.

Collage-JPB-rsk trailer

Aviez-vous une idée pour régler le problème?

J’ai développé une autre remorque pour que, cette fois-ci, les branches soient en mesure de passer facilement sous l’essieu. Avec des roues positionnées vers l’arrière et qui ne dépassent pas la remorque, cela m’a permis de ne pas m’accrocher aux arbres. La remorque était donc devenue efficace pour passer sur les souches, dans le bois, n’importe où.

L’autre gros avantage de la remorque, c’était qu’elle n’était plus en métal, mais bien en fibre de verre, donc beaucoup moins lourde. C’est vraiment avantageux, le poids léger d’une remorque! Quand tu veux la déplacer à vide, dans un camion par exemple, c’est très facile de le faire seul, sans aide. Le poids d’une remorque en métal augmente très rapidement; imaginez une fois chargée!

C’était le jour et la nuit entre les deux prototypes!

Avez-vous rencontré des difficultés majeures lors de l’amélioration de la remorque?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ça s’est très bien déroulé! Pour moi, la conception et les modifications ont été très rapide.

Une fois que j’ai conçu ma remorque en fibre de verre, j’ai fait des tests. Par exemple, la remplir de roche, la faire passer un peu partout, etc. pour m’assurer qu’elle réagissait bien dans toutes les conditions. J’ai pu voir les faiblesses de la remorque, puis je me suis donné comme tâche de la renforcer là où certaines craquelures s’étaient développées. À partir de ce moment-là, la remorque n’a plus jamais eu de problème!

Les moules de fibre de verre, j’en ai tellement conçu que ça m’a donné la chance de visualiser les produits dans ma tête, puis de les concevoir et de les produire. Une fois que l’idée s’était formée, il devenait très facile d’en faire une réalité. C’était une sorte d’intuition qui s’est avérée très profitable.

De quoi êtes-vous le plus fier?

J’ai inventé plusieurs autres produits, comme des carrioles de motoneige avec toit rigide, et je peux dire que je suis surtout fier d’avoir conçu ces produits avant quiconque et de les avoir améliorés moi-même. Je partais de zéro pour m’assurer d’offrir un produit de qualité. Tout est sorti de ma tête, et cela me rend très fier.

Il faut que je vous raconte… Un de mes employés de l’époque, avant d’utiliser la remorque RSK-I, mettait plus de huit heures à sortir un orignal du bois, soit pour partir du camp et apporter ses morceaux un à un. En changeant de remorque : surprise! Ça lui avait pris à peine une demi-heure pour sortir du bois, l’orignal entier sur sa remorque. Il n’y croyait pas! Un orignal, c’est lourd! J’étais bien fier quand il m’a dit ça!

Qu’est-ce qui a fait votre réussite, selon vous?

Ma force, c’est de voir les petits détails que personne ne voit! Tout simplement. Je suis également fier de voir les améliorations apportées.

«Je suis fière de voir une compagnie de l’envergure de Roski® qui a décidé de prendre ma création, d’y apporter leur expertise afin d’offrir une produit de qualité à un prix concurrentiel et ce à un vaste public»

 Afin de rencontrer et même de surpasser les normes et recommandations de l’industrie, Roski® à renforci l’essieu, ajouté des ancrages et, en plus, ils offrent une bâche faite sur mesure pour protéger les équipements contre la pluie.

Roski® est fière des inventeurs Québécois comme M. Bergeron, sans qui la RSK®-I n’aurait jamais vue le jour. En effet, la fierté de l’entreprise est d’avoir été en mesure d’acquérir l’idée originale de M. Bergeron et d’y avoir apporté l’expertise nécessaire afin d’en faire un produit de qualité, accessible pour tous et qui est un incontournable pour les utilisateurs de sentiers hors-route.